Armée d'Orient

		La 30° D.I. est relevée le 15 décembre I916 par la 10° D.I.. Elle est désignée pour l'ArmÉe d'Orient.
		Tous, officiers, sous-officiers, brigadiers et canonniers quittent avec regret les champs de bataille de France oÙ ils ont versé leur sang
	pour la défense du sol sacré de la Patrie, mais pénétrés du sentiment du devoir, ils font le serment de contribuer par leurs exploits,
	là-bas sur le front d'Orient, à maintenir dans tout son éclat et sa splendeur le drapeau de la France.
		Les unités sont transportées par voies ferrées et débarquées à Toulouse où la D.I. doit se réorganiser avant son embarquement pour Salonique.
	L'A.D. 30 est formée des trois groupes du 19. R.A.C. d'un groupe du 2° R.A.M. d'une batterie de tranchée et du P.A.D. to compose de quatre S.M..
		Le 21 Janvier 1917, l'A.D. 30 commence à quitter Toulouse à destination soit de Marseille, soit de Toulon. Du 30 Janvier au 12 février, les diverses
	unités de l'A.D. sont transportées par mer; après avoir fait escale la plupart à Malte et à Milo, elles sont débarquées à Salonique.
	Malgré une mer agitée et la menace des sous-marins, la traversée s'effectue pour l'A.D. sans incident sauf pour la batterie de tranchée qui, à Malte,
	doit abandonner son bateau, le Saint-Laurent, détruit par une explosion.
		Au fur et à mesure de leur débarquement, les troupes sont bivouaquées au camp de Zeitenlick à 5 k. au N.E. de Salonique.
		La D.I. au complet est ensuite dirigée sur Topcin en réserve d'Armée.
		La partie de la Macédoine occupée par les troupes alliées où la D.I. va opérer est très accidentée. Les routes sont rares et en mauvais état.
	Pas de carte exacte, aussi on ne s'engage sur un itinéraire qu'après l'avoir fait reconnaitre. Le pays a un aspect désertique et un climat approprié.
	À l'été long et très chaud (50° à l'ombre) succède un hiver assez court mais très froid (-20°). Les freins des canons de 65 ne fonctionnent l'hiver
	dans certaines positions (pied du Péristéri) qu'avec un réchaud pour les dégeler. Enfin le terrible paludisme fait rage et à Salonique où nous venons
	de débarquer les cimetières militaires sont aussi garnis que ceux de Verdun.
	
		Operation contre les Comitadji. — Des naturels du pays inquiètent depuis quelques temps les troupes de passage et assassinent les isolés.
	Ces indigènes, appelés Comitadji, ont leur repaire dans les roseaux du lac de Yenidcé. Une opération est entreprise contre eux. La 4° batterie
	du 19° y prend part du 8 au 14 mars et tire à obus à balles sur le lac. Quelques Comitadji sont arrêtés et fusillés, le calme renait aussitôt
	dans le pays et la sécurité des troupes est assurée

		Opération du 2/19 dans la région de Monastir. — Le 1er avril, le 2/19 est mis à la disposition de l'Armée Française d'Orient (A.F.O.).
	Il se rend par étapes sur le front et relève dans la nuit du 9 au 10 avril un groupe de l'A.D. 11, en position dans le secteur de Monastir-Est.
		Le groupe prend part aux combats de la première quinzaine de mai puis est retiré du front, pour rejoindre l'A.D. 30, le 2 juin 1917.
		
		Opération de la 106° batterie dans la région de Monastir. — La 106° batterie de tranchée est mise à la disposition de l'A.D. 11 pour
	les attaques de mai. Elle installe ses positions au Nord de Makovo et elle prend du 5 au 11 mai une part très active à la préparation d'artillerie
	et fait l'admiration de la brigade Russe à laquelle elle est rattachée.
		Voici d'ailleurs un extrait de l'ordre n° 88 du commandant de la 2* brigade Russe au sujet de cette affaire:
		"Hier et aujourd'hui j'ai eu l'occasion de beaucoup parler avec les officiers et soldats qui ont participé à l'attaque.
	De toute part je n'ai entendu qu'un seul avis notre artillerie a bien travaillé. Glorieux artilleurs, l'avis du fantassin sur votre travail
	est l'appréciation la plus vraie et la plus juste. Et quant au personnel des pièces de tranchées, l'avis généeral en est «Ce sont des Héros!»."
	
		Concentration de la 30° D.I. en arrière du front. — Pendant cette période, les autres éléments de l'A.D. se rassemblent avec toute
	la D.I. dans la région Krussograd-Zivonia à proximité du front, pour coopérer à une attaque générale des armées alliées.
		Le trajet est fait en 6 étapes de Topcin à Yenidze, puis Vertekop, Vladovo, Ostrovo, Banica et après un séjour dans cette région Krusovo.
	La D.I. est mise en réserve d'Armée. L'attaque des alliés ayant échoué elle n'est pas engagée. Le 22 mai, elle reçoit l'ordre de se porter sur Katerini.
	
		Opération à Athènes— Le roi de Grèce Constantin, ne se conforme pas aux conventions passées avec les alliés. Il favorise l'agitation
	des comitadji dans la zone neutre et en Thessalie, il cherche à soustraire des mouvements de troupe et à cacher des armes au contrôle allié.
	Il faut qu'il se soumette ou qu'il se démette.
		Une opération d'ensemble est décidée. Un détachement occupera Corinthe pour empêcher l'utilisation de l'isthme, un deuxième, la 30° D.I.
	débarquera au Pirée et marchera sur Athènes pendant qu'un troisième s'emparera de la Thessalie et occupera Larissa. Au premier détachement l'A.D. 30
	fournit la 4° batterie du 19°, et deux batteries de montagne. Au 2° le 1/19.
		Le premier détachement s'embarque le 8 juin au matin à Salonique et débarque le 11 au matin à lsthimia. Les batteries sont mises en surveillance
	sur le canal de Corinthe jusqu'au 11 juillet, le 12 elles quittent cette région et par étapes gagnent les environs d'Athènes.
	Le 27, elles embarquent en chemin de fer et rejoignent l'A.D. à Armenhor prés Fiorina.
		Le 1/19 embarque le 9 à Salonique et débarque le 12 à midi au Pirée. Les batteries sont mises immédiatement en surveillance sur Athènes.
		Le 25 Juin, la 30° D.I. occupe Athènes. Les batteries sont à nouveau mises en surveillance sur la ville. Constantin est en fuite et remplacé
	sur le trône par un de ses fils Alexandre.
		Le 8 Juillet, les unités embarquent successivement à deux jours d'intervalle à la gare du Rouf et débarquent à Larissa.
	Le 25 juillet, le 1/19 rejoint l'A.D. à Armenhor après des étapes dont la plupart sont très pénibles et très accidentées.
		Bien que pas un seul coup de canon n'ait été tiré pendant la démonstration militaire d'Athènes, le personnel et les animaux ont beaucoup
	souffert tant du ravitaillement défectueux que du fait de la forte chaleur.
		Pendant la première partie du mois de juin, le reste de l'A.D. est bivouaquée à Vatiluck.
		Dans la deuxième quinzaine de Juin le 3/19 et le P.A.D. 30 font mouvement par étapes sur Bauica. Le P.A.D. 30 relève le P.A.D. 156 à Vélusina.

		Détachement du 3/19 au corps expéditionnaire italien. (C.E.I.) - Le 3/19 désigné pour faire partie du C.E.I, prend position pendant
	la nuit du 18 au 19 juillet dans le secteur de la cote 1050, boucle de la Cerna où il relève un groupe du 274° R.A.C..
		Les batteries s'installent sur un terrain dominé par l'ennemi. Nos positions sont situées dans la partie basse de la boucle de la Cerna,
	région insalubre et désertique, sans un arbre ni un buisson, où l'on grille en été et qui n'offre l'hiver aucun abri contre le vent,
	où enfin le paludisme règne en maitre.
		Sur les positions de batterie comme aux échelons, tout est à faire pour passer l'hiver et améliorer le sort des hommes et des animaux.
	Le personnel se met courageusement à 1'ouvrage et, après un tra­vail acharné qui ne cesse ni jour ni nuit, il arrive à faire en quelques mois
	une installation modèle.
		Le 3/19 restera dans ce secteur jusqu'à la rupture du front bulgare, en septembre 1918. Il participera à toutes les attaques et
	coups de main faits par les italiens et s'attirera des félicitations très élogieuse de la part du commandement italien, lequel ne craint pas
	de donner l'artillerie française en exemple à ses propres troupes.
	
		Occupation du secteur de Monastir-Ouest par la D.I.— Vers la fin juillet, la division à peu près au complet, prend le secteur
	de Monastir-ouest. L'A.D. 30 relève les batteries du 242° R.A.C..
		Les batteries placées à des altitudes variant de  500 à 2000 m. avec de très mauvaises pistes d'accès tracées à flanc de coteaux sur des pentes
	très raides dans des terrains couverts de glace l'hiver, ont beaucoup de peine à s'installer et à se ravitailler. Tout le per­sonnel fait preuve
	d'un entrain et d'une endurance admirables pour vaincre les difficultés qu'il doit surmonter.

		Coup de main sur le saillant de Kiel.— L'opération à pour but de prendre pied sur le saillant de Kiel, nettoyer les tranchées visitées
	et ramener des prisonniers.
		Les troupes prenant part à l'action, sont les suivantes:
					deux compagnies du 58 R.I.
					deux sections de mitrailleuses et
					toute l'artillerie du secteur.
		La préparation d'artillerie commence le 2 septembre à 6 h. et se poursuit toute la journée. Le rôle des batteries est de préparer de
	nombreuses brèches dans les défenses accessoires de l'ennemi et de bouleverser ses abris et tranchées. En même temps, une diver­sion est
	exécutée sur Posen pour laisser le bulgare dans l'incertitude sur le point d'attaque.
		Les batteries de 75 de l'A.D. sont contrebattues avec violence par l'artillerie adverse pendant le tir de destruction (en particulier la 6° batterie)
	ce qui ne les empêche pas de remplir leur mission. Le 3 septembre, à 4h.40 le 2/19 qui appuie directement les troupes d'attaque exécute
	un tir de barrage d'encagement et un barrage mobile en avant de l'infanterie.
		A peine la 6° batterie a-t-elle commencé sa première brèche que les boches font sur elle un tir de concentration très nourri de 150 et 210.
	Une formidable colonne de poussière et de fumée s'élève au-dessus de la position. Les abris des hommes sont détruits. Plusieurs soutes à munitions
	sautent. Le camouflage de la batterie est incendie. Les arbres qui lui servaient de masque sont fauchés0 Le tube de la 3° pièce est ébréché.
	Deux canonniers sont tués ou grièvement blessés. N'importe, la batterie tire sans cesse et sur les réseaux bulgares les éclatements
	caractéristiques de ses 75 se succèdent sans interruption toujours aussi précis.
		Le reste de l'artillerie déclenche un tir préventif sur les batteries ennemies pendant toute la durée de l'operation.
	La troupe d'attaque placée en avant de nos tranchées est éventée par l'ennemi par suite d'une explosion de grenades et subit un tir
	de barrage qui n'arrête pas son élan. Elle part à 4h45, atteint ses objectifs et jalonne sa ligne par des feux. Pendant toute la matinée
	elle est soumise à un feu violent d'artillerie; l'après-midi est plus calme. Le commandant du détachement d'attaque fait savoir qu'il se
	repliera avec ses hommes dans la soirée, vers 21 heures.
		Tout à coup, vers 19 heures une contre-attaque ennemie se déclenche. Les bulgares avancent dans le rû de Magarevo, plies en deux,
	on les voit franchir les fils de fer francais sans être vus de nos premieres lignes. Encore une minute et ils seront dans le dos
	des braves poilus qui occupent le saillant de Kiel. L'instant est angoissant!
		Après une demi-minute qui parait un siècle, la 6° batterie répond à l'appel de l'observatoire. Au commandement du capitaine,
	dans le rû de Magarevo, sur la tête même de la colonne bulgare, deux obus de la 6° batterie éclatent avec fracas. Puis dans le ravin
	qui disparait sous la fumée, la 6° batterie fait rouler un torrent de mitraille. Toute 1'artillerie déclenche le barrage.
	La contre-attaque bulgare est complètement anéantie et vers 21h30, le repli de notre infanterie peut s'effectuer sans inquiétude.
		Résultat de l'opération: 30 prisonniers dont 1 officier. La 6° batterie, dont la tenue au feu dans cette affaire est exemplaire,
	est citée a l'Ordre de l'Armée:
		Le Général commandant l'I.D. 30 exprime ainsi qu'il suit sa satisfaction:
			"Je manquerais à mon devoir en ne transmettant pas à l'artillerie qui a pris part a l'opération, l'hommage reconnaissant de l'infanterie
			de la Division, par sa vigilance constante, par la rapidité de son entrée en action quand elle était nécessaire, par la précision
			de ses tirs quand elle était violemment prise à partie par l'artillerie ennemie, elle a soulevé l'admiration comme elle a accru
			la confiance en elle aussi bien des exécutants que des spectateurs."
			
		Opération sur T. 10. - Le 19 et le 20 octobre, l'artillerie prépare un coup de main de l'infanterie sur la tranchée ennemie
	de T. 10. Le 20, cette tranchée visitée, est trouvée évacuée. Nos fantassins ne rapportent que trois fusils.
		Fin octobre et pendant le mois de Novembre, le secteur reste agité par suite de l'énervement réciproque des deux infanteries.
	Des barrages sont demandés par les nôtres ou déclenchés par l'ennemi sans raison sérieuse.
		De Janvier à septembre 1918, le secteur de l'A.D. 30 est assez calme, le front ne subit aucune modification.
		Quelques coups de main nous rapportent des prisonniers ce qui nous permet d'identifier les troupes qui nous sont opposées.
		L'ennemi, répondant à notre tir d'artillerie, bombarde violem­ment nos batteries et les villages à proximité des lignes où il suppose
	des troupes ou des États-Majors.
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