Procès Vaubulon

Citadelle de Port-Louis

Citadelle de Port-Louis

Historique de la Citadelle
		Élevée sur une pointe rocheuse à l’entrée de la rade de Lorient, la citadelle de Port-Louis est un imposant édifice marqué par les événements de l’histoire bretonne dès 16e et 17e siècles.
	Quand, après l’assassinat de Henri de Guise, le Duc de MERŒUR gouverneur de Bretagne, vit que la succession au trône de France devait revenir au roi protestant Henri de Navarre,
	il se jeta dans la révolte. Représentant de la Ligue de Bretagne, le Duc de MERCŒUR appela en renfort le roi Philippe II d’ Espagne.

		En 1590, trois mille espagnols débarquèrent à Port-Louis, connu alors sous le nom de Blavet. Don Juan DEL AGUILA devint gouverneur de la place et entama la construction des fortifications.
	Cette nouvelle citadelle, appelée   « FUERTA DEL AGUILA » fut édifiée en 1591, sous la conduite de Cristobal de Rojas, ingénieur des fortifications de Cadix, qui, dans les mêmes temps
	aménageait à Roscanvel, en face de Brest, une puissante forteresse.

		À la fin de l’occupation espagnole, ( 1598 ), les Etats de Bretagne et Henri IV demandèrent au Maréchal de Brissac la démolition totale de la citadelle. On conserva, cependant, deux bastions
	et une courtine, les piles du pont, les casernes, les deux corps de garde et la chapelle. Considérant, à partir de 1610, la position stratégique de la place à l’entrée de la rade, Louis XIII décida,
	en 1616, de la reprise des travaux, qui furent confiés à l’architecte Jacques CORBINEAU bâtisseur du château de Brissac.

		La réalisation de la demi-lune et l’établissement d’un plan capable de soutenir un siège, discutés à maintes reprises, ce n’est qu’en 1641 que le Cardinal de Richelieu confia à Nicolas Gilles
	l’achèvement des travaux de fortification de la citadelle et fit construire le bastion et la poterne Saint-Nicolas du côté de la ville.

		Quarante ans plus tard, en 1683, Vauban, en visite à Port-Louis, formula quelques critiques à l’égard des bastions qu’il jugeait trop aigus.
	Malgré ces défauts, le grand ingénieur concluait cependant que "la situation de la citadelle est si avantageuse en elle-même, que rien n’empêche qu’on puisse considérer le Port-Louis
	comme une bonne place" .

		Le plan de la citadelle est un rectangle bastionné aux angles et sur les côtés. La partie tournée vers la ville est protégée par une demi-line que l’on franchit par un petit pont dormant
	en pierre construit en 1779.
	
La demi-lune
		Œuvre du cardinal de Richelieu, la demi-lune est réalisée par l’ingénieur Destouches en 1636. Elle forme un grand triangle entouré d’eau et commande les abords de la place.

Le grand-pont
		Construit à l’origine en bois, l’ouvrage actuel est composé d’un pont-levis et d’un pont dormant en pierre assis sur trois arches de granit. Il a été dessiné en 1792, par Henri de PALYS
	et traverse un fossé large de 46 mètres, creusé par les Espagnols en 1591.


Le donjon
		A l’extrémité du grand pont, s’élève le pavillon d’entrée, appelé le Donjon. Cette puissante architecture a été édifiée par l’ingénieur espagnol Cristobal de Rojas en 1591.
	La partie centrale de la porte royale, ornée d’un fronton triangulaire surmonté d’un trophée de canons, de drapeaux et d’armures encadrant une lucarne, a été refaite en pierre de
	Saint-Savinien en 1739. Les armes de la maison Mazarine ont été effacées en octobre 1790. Un corps de garde et une prison étaient aménagés au premier étage de cet édifice.


L’hôtel des gouverneurs et la chapelle Saint-Louis
		Passés le donjon et la voûte du premier corps de bâtiment, on aperçoit, à gauche, l’ancien hôtel des gouverneurs, résidence du major de la place et des lieutenants du roi.
	Transformé à plusieurs reprises depuis la présence des Espagnols, c’est ici que le duc de Mazarin reçut, en 1689, Madame de Sévigné, de passage à Lorient.
	À l’extrémité de la partie droite de l’édifice, se trouvait autrefois une chapelle dédiée à Saint-Louis, surmontée d’un petit dôme. Il ne reste plus rien de son ancienne destination.
	Le prince Louis Napoléon Bonaparte, arrêté à Strasbourg, fut incarcéré en novembre 1836 dans ce bâtiment de la citadelle, avant d’être embarqué pour l’Amérique.


La cour Lourmel et les casernes

		Les grandes et les petites casernes sont disposées en carré autour de la place d’armes qui prit le nom de cour LOURMEL sous le Second Empire, en souvenir du général de LOURMEL
	mort en 1854, sous les murs de Sébastopol. Les casernes ont été construites sous le règne de Louis XIII ( partie sud ) et sous la régence d’ Anne d’Autriche ( partie nord ).
	Elles abritaient ordinairement trois compagnies d’ infanterie. C’est à cet endroit que furent emprisonnés, en 1795, les chouans pris lors du débarquement des émigrés à Quiberon.
	Sous la plate-forme de la cour, ont été creusées, en 1675, deux grandes citernes d’eau en pierre de taille. Les bâtiments accueillent aujourd’hui le Musée de la Marine
	et le Musée de la Compagnie des Indes de la ville de Lorient.


La poudrière et le parc à boulets
		En contrebas des remparts, du côté de la mer, se trouve l’arsenal. On y accède par deux rues latérales, le long des remparts ou par l’escalier qui descend de la place d’ armes édifiée en 1761.
	La poudrière a été construite dans l’axe du grand bastion. Cet édifice est pourvu d’une voûte en berceau brisé. Entourée d’un haut mur de protection, la poudrière recevait les poudres
	des batteries de terre et celles des vaisseaux. Situé à droite de la poudrière, le parc à boulets occupe l’ancien emplacement de l’hôpital militaire.
	Les grandes portes ouvertes, à l’angle du bastion Le Camus, marquent l’entrée des magasins construits en 1662 et restaurés en pierre de Saint-Savinien en 1704.
	L’un d’eux possède un magnifique four à pain.

Le pavillon de l’arsenal
		Ce grand édifice à étages a été construit en bordure des remparts au 18e siècle. Il servait de magasin des armes pour les compagnies d’infanterie installées sous l’Ancien Régime
	dans la citadelle. Il est occupé, aujourd’hui, par une section du Musée de la Marine.


Le bastion DESMOURIER et le bastion de Groix
		Placé vers la ville et construit en 1591 par Cristobal de Rojas, le bastion DESMOURIER est, avec le bastion de Groix, un vestige de la présence espagnole à Port-Louis.
	Dénommé à l’origine bastion de Cossé en l’honneur du Dic de Brissac, il prit le nom de bastion DESMOURIER, à cause de Pierre DESMOURIER, notaire royal à Port-Louis,
	dont on apercevait la propriété à cet endroit. L’autre bastion porte le nom de l’île de Groix, toute proche, et que l’on aperçoit des remparts.

 Le bastion de la Brèche et le bastion des Chambres
		Construit en 1616, sur un plan à double oreillons, le bastion tient son nom de la brèche qui fut ouverte par les canonnades du galion La Vierge, dont s’était emparé le Duc de Soubise
	lors du siège de PORT-LOUIS en 1625. Le bastion des chambres doit son nom à la proximité des chambres des casernes construites en contrebas des remparts.
	Il est édifié en 1616, sur plan symétrique du bastion de la Brèche en forme d’as de pique.


Le bastion Le Camus et le Grand Bastion
Ces bastions sont construits au-dessus des magasins. Le bastion suivant, appelé « l’irrégulier» conserve une guérite dont le cul-de-lampe date de 1744.

						Sources : Ouvrages de Henri-François BUFFET
						Sur Port-Louis et sa Citadelle.
                                                                      
                                                                       Notice accompagnant la visite.
                                                                       
                                                                       
																
		Entrée de la Citadelle de Port-Louis

Photo du 25/05/06
Rencontre généalogique de Lorient.	


		C’est dans cette Citadelle que furent  détenus prisonniers les mutins ayant participé à l’emprisonnement de leur gouverneur, le Sieur HABERT de VAUBOULON en 1689,
	et ayant été accusés de l’avoir empoisonné dans son cachot.


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