LES MARIAGES

 

En regardant le calendrier saisonnier des mariages faits à Saint-Prim on remarque que nous avons 382 mariages

        1)  Le maximum des mariages a lieu nettement en février. C’est un mois où il n’y a pas de gros travaux agricoles ; on a le temps de faire la fête. Il fait froid et les veillées sont longues. On trouve cette tendance, mais moins marquée, en janvier (1/3 de moins)  et en novembre.

        2)  Mai et juin sont de jolis mois du printemps, pas encore de gros travaux, on se marie aussi.

        3)   Juillet, août, septembre et octobre on se marie moitié moins. Les travaux agricoles n’attendent pas.

        4)    Peu de mariage en mars, avril et décembre. On ne se marie pas pendant le carême et l’avent. C’est une interdiction de l’église. Il faut demander une dispense à l’évêché et payer la dispense. Ainsi le 24 décembre 1785, Michel BERTHELON, domestique à Saint-Prim épouse Claire COSTE de St-Clair. Ils ont obtenu « de sa grandeur, Monseigneur l’archevêque de Vienne » la permission de se marier dans le temps de l’avent.

        5)  Il fallait aussi payer pour avoir une dispense de publication des bans avant 1792.

                        Ainsi : 6 février 1783 Jean-Pierre DIDIER laboureur à Assieu épouse Marie Claudine CHENET de Saint-Prim. Ils paient une dispense à l’évêché de publication de 2 bans.

                        8 juin 1784 Jean DERVIEUX « patron sur le fleuve du Rhône au port de Condrieux » épouse Marie GILIBERT de Saint-Prim. Ils paient une dispense de 2 bans à l’archevêque.

                        14 septembre 1790 Jean-François LABBE « maître de poste » à Auberives épouse demoiselle Marie-Anne CRÊT de Saint-Prim. Ils paient une dispense de 2 bans à l’Archevêque.

        Après 1792, nous n’avons en mairie que les mariages civils. Les promesses de mariages sont affichées dans les communes des conjoints. Nous n’avons pas les registres des mariages religieux.

        6)  Après 1792, l’homme est majeur (majorité civile) à 25 ans accomplis ; la fille à 21 ans accomplis. Avant cet âge il leur faut le consentement de leurs parents, ou aïeul, ou tuteur pour se marier. En cas de dissentiment seul le consentement du père suffit. (La majorité a changé de nos jours)

        7)  Il faut 18 ans à l’homme et 15 ans à la femme pour se marier (Ceci est encore valable de nos jours (âge civil minimum))

 

        De 1780 à 1880 il y a eu 382 mariages célébrés à Saint-Prim : enregistrés à l’église jusqu’au 20 septembre 1792 sur le registre paroissial, par le curé de la paroisse, puis à la mairie, civilement par l’officier de l’état civil : le maire ou l’adjoint remplaçant le maire.

Pour cette période :

        L’âge moyen des hommes au mariage est de 29,5 ans et pour les femmes de 25,5 ans. Il y a 19,8% des hommes qui sont plus jeunes que leurs femmes. L’écart est en général d’un an ou deux, mais il atteint parfois entre 5, 7, 8, 9,10, 12 et même 13 ans. Les deux dames ayant 12 et 13 ans de plus que leur mari sont des veuves ayant épousé un célibataire plus jeune qu’elles.

        Dans l’ensemble, l’écart d’âge entre les conjoints paraît raisonnable. Sur 247 mariages pour lesquels on connaît l’âge des conjoints, 33 couples seulement ont un écart d’âge supérieur à 10 ans et 7 un écart supérieur à 20 ans. Les extrêmes sont :

Age de l'époux Age de l'épouse Note
54 31  
52 36  
57 22  
51 23  
48 15  
67 19 C’est un patron épousant sa domestique. Il a 48 ans de plus qu’elle

 

        Sur 704 pères devant assister au mariage de leurs enfants il y a 268 pères absents car ils sont morts soit 38% des pères. Sur les 704 mères il y a 249 mortes soit 35,3% des mères. A l’âge de marier les enfants, il y a plus de mères vivantes que de pères.

        On n’enregistre aucun divorce pendant cette période à Saint-Prim.

        Un seul conjoint non originaire de Saint-Prim a un père absent depuis plus de 20 ans, et un autre ne peut préciser le lieu de décès de sa mère (mais le marié a 67 ans ; il a peut-être oublié !). Il atteste sous la foi du serment « que le lieu du décès et celui du dernier domicile de sa mère lui est inconnu. Le père était mort le 8 brumaire An XI. La mère avait-elle quitté le domicile conjugal avant ou après le décès de son époux ?

        De 1797 à 1801, pendant la révolution, aucun mariage n’est célébré à Saint-Prim. Il fallait aller au canton pour se marier.

 

REMARIAGES

Je n’ai la date que de 63 remariages et la date du décès du conjoint précédent. Voici les résultats :

        1)      Délais de remariage très courts

Nombre de remariages Délais après le veuvage
7 moins de 3 mois (36, 43, 44, 56, 66, 67 et 81 jours)
1 3 mois
24 de 3 mois à 1 an
16 entre 1 an et 2 ans
8 entre 2 et 3 ans
6 plus de 3 ans
 

        2)      on remarque donc que peu de gens restaient veufs ou veuves. On se remariait très tôt après un veuvage. Pourquoi ? La vie était très difficile : les hommes ne restaient pas seuls pour élever des enfants souvent en bas âge. Les femmes avaient besoin d’un homme pour cultiver leurs terres quand elles en avaient et surtout d’un homme qui gagnait de quoi nourrir leur famille et récolter de quoi manger.

        3)      Il y a 49 veufs et 30 veuves qui ont un second ou un troisième mariage célébré à Saint-Prim. Les veufs n’épousent pas toujours une veuve, mais bien souvent une femme bien plus jeune qu’eux. Voici quelques exemples :

Année Veuf agé de ... ans État Agée de ... ans
1795 52 veuve 36
1808 54 célibataire 31
1815 57 célibataire 22
1822 51 célibataire 26
1840 42 veuve 34
1841 69 veuve 69
1842 33 célibataire 19
1847 76 veuve 66
1864 40 célibataire 17
1863 67 célibataire 19 (domestique chez lui)

Les veuves épousent des célibataires :

Année Veuve agée de ... ans État Agé de ... ans
1866 40 célibataire 35
1869 43 célibataire 50
1870 48 célibataire 40

Certains se sont mariés 3 fois :

Nom Prénom

Conjoint

Date

PRAS Pierre

MORIN Marie

 

MABILON Anne

1786

BOUCHU Catherine

1787

JURY Antoine

BUSTION Claudine

 

BUCHON Marie

1801

VIALLET Marie

1804

DUTRIEVOZ Joseph

FAVIER Marguerite

 

GIRIN Élisabeth veuve de Jacques LEVET

1783

POIZAT Claudine

1795

CHEVALLIER Antoine

OGIER Marie

1798

GERIN Marguerite

1838

MOREL Jeanne veuve de Benoît BIGOT

1847

DIDIER Louise

MANIN Jean

 

ROUSSEL Jean-Claude

 

FANJEAT Benoît

1867

HEYRAUD Marie

PICHOT Jacques

 

BERNIER Pierre

1870

MORIN Gabriel

1872

 

L’époux est

L’épouse est

Garçon

333

Fille

352

Veuf

49

Veuve

30

Total

382

 

 

 

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© Yannick VOYEAUD novembre 2000