La DÉMOGRAPHIE

Les registres d’état civil

Après le 20 septembre 1792, il y a en mairie, 3 registres d’état civil tenus par le maire ou un secrétaire. Les naissances, les mariages et les décès sont inscrits chacun sur un registre propre.

 

A) Registre des naissances

Acte de naissance

Les premières années de la Révolution on parle de la naissance d’un enfant femelle, d’un enfant mâle ! Et les  premiers actes écrits par des gens peu lettrés contiennent beaucoup de fautes d’orthographe. Mais très vite cela s’améliorera ainsi que l’écriture. Cependant très longtemps les témoins ne sauront pas signer. Ils seront appelés illeterés.

Puis on utilise des feuillets imprimés de 1801 à 1804

B) Registre des mariages

        Acte de mariage

Nous possédons un acte de mariage qui a été annulé au moment de la célébration à la mairie car l’aïeule a refusé son consentement.

Un mois plus tard on recommençait. L’aïeule signait et le mariage était célébré !

C) Registre des décès

Acte de Décès

Dès le 20 septembre 1792 on ne note plus d’ondoiements

        Les enfants morts-nés sont déclarés sans vie. Ainsi le 15 décembre 1849, « Les témoins nous ont présenté un enfant sans vie, du sexe féminin et nous ont déclaré que les père et mère de cet enfant sont … âgé de 32 ans et … son épouse âgée de 36 ans, cultivateurs domiciliés en la susdite commune de Saint-Prim et que c’est le quinze de ce mois à onze heures du soir que le dit enfant est sorti du sein de sa mère… »

 

CALENDRIER RÉPUBLICAIN

        D’après le calendrier républicain établi par la Convention Nationale le 24 novembre 1793, l’année commençait à l’équinoxe d’automne (22 septembre) et était partagée en 12 mois de 30 jours chacun, plus 5 jours complémentaires qui devaient être consacrés à la célébration de fêtes républicaines.

Ces mois reçurent les noms suivants :

Saison

Nom du mois

Allusion

Du

Au

Automne

Vendémiaire

Vendanges

22 septembre

21 octobre

Brumaire

Brumes

23 octobre

21 novembre

Frimaire

Frimas

21 novembre

20 décembre

Hiver

Nivôse

Neige

21 décembre

19 janvier

Pluviôse

Pluies

20 janvier

19 février

Ventôse

Vents

19 février

20 mars

Printemps

Germinal

Germination

21 mars

16 avril

Floréal

Fleurs

20 avril

19 mai

Prairial

Prairies

20 mai

18 juin

Eté

Messidor

Moissons

20 juin

19 juillet

Thermidor

Bains

20 juillet

18 août

Fructidor

Fruits

18 août

16 septembre

        Ces appellations poétiques sont dues au conventionnel Fabre d’Églantine. Les mois étaient divisés en 3 dizaines ou décades et les noms des jours étaient tous de l’ordre naturel de la numération : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi.

1793

An I

1799

An VII

1794

An II

1800

An VIII

1795

An III

1801

An IX

1796

An IV

1802

An X

1797

An V

1803

An XI

1798

An VI

1804

An XII

1805

An XIII

   Concordance des calendriers républicain/grégorien, (Il existe de nombreux modèles dans le monde généalogique et historique j’ai donc reproduit celui que Mme Collion a laissé dans son manuscrit).

 

        J’ai noté 6 décès d’enfants morts-nés de 1849 à 1880 : 6 février 1866, 4 janvier 1870, 3 mars 1868, 4 février 1876, 23 novembre 1880.

 

REMARQUES

        Sur les registres, le calendrier révolutionnaire est apparu entre le 6 et le 13 novembre 1792 et s’est terminé le 24 fructidor An XIII (1806).

        Sur les actes on voit apparaître le mot citoyen entre le 27 janvier et le 3 février 1792 : exemple citoyen Antoine GIRIN.

        Puis en 1800, on appelle de nouveau les gens par leur nom et prénom. Le mot citoyen disparaît et les actes sont imprimés jusqu’en  .

        Le mot citoyen est employé pour les paysans comme pour les notables avait une grande importance pour ceux qui avaient été si longtemps méprisés. C’était pour eux un signe d’égalité et ils aimaient l’employer.

        On s’éloigne de la révolution et dès 1819 on appelle les gens sieur

                3 août 1819 Sieur Mathieu DUTRIEVOZ épouse honnête Louise OGIER

                1822 Monsieur POUJOLLAT d’Auberives épouse demoiselle Marguerite POUCET.

        Cela se termine en 1826

        Après le 3 mars 1827 on note monsieur et mademoiselle. Ces formules s’emploient pour les gens aisés. Les manants n’ont que leur nom et prénom. Ainsi le 11 novembre 1828 le tout écrit avec des boucles et des majuscules : « Monsieur Antoine MAS propriétaire, fils de feu Antoine MAS et de Dame Marie HANIQUET et Demoiselle Jeanne Marie Philippe CRÊT fille de Monsieur Gabriel CRÊT et de Dame Marie REVERDY propriétaires à Saint-Prim … »

                Mais il n’y a aucun Monsieur, ni Dame sur les actes où figurent les métayers, les cultivateurs travaillants chez ces gens aisés !

        A partir de 1835 on note d’autres titres : l’épousée est femme de confiance (19 juin 1834) ou fille de confiance.

        Ce n’est pas unique et typique à Saint-Prim. J’ai lu une étude faite par un prêtre en 1880 sur un village du Beaujolais. Il parle de Madame VACHON, de Monsieur du SOUZY, des riches bourgeois ou nobles qui possèdent une grande partie des vignobles de la commune. Mais quand il parle des cultivateurs vignerons il dit nos gens ou les humbles, la CLAITTE, le DESPRAS en nommant ces mêmes vignerons.

        Il semble donc que c’est une attitude générale et on est loin de l’égalité du citoyen de la révolution.

A Saint-Prim        en 1818 un bébé mort en nourrice porte le titre de Monsieur de St-Innocent car son père est Monsieur le marquis d’Orbe de St-Innocent.

Le mot citoyen est reparu pendant la révolution de 1848 du 3 septembre 1848 au 16 janvier 1849.

 

        Le nom de notre village a changé plusieurs fois ou plutôt il a été orthographié différemment. Ainsi en 1730 on disait Saint-Prim.

En 1750 on disait Saint-Prime

En 1785 on disait toujours Saint-Prime

De même qu’en 1794

        Le 11 thermidor An VIII, soit le 31 juillet 1800 on trouve sur un acte Saint-PRINT, et sur un acte de l’an IX (1800-1801), on arrive à nouveau à Saint-Prim.

 

 

Page précédente      Retour 1ere page     Page suivante

© Yannick VOYEAUD novembre 2000