LES COUTUMES

Référence : histoire de la vie rurale en Bas-Dauphiné

 

La naissance

Les familles étaient nombreuses, mais beaucoup d’enfants mourraient. Certaines femmes enfantaient dans les champs en travaillant. L’ignorance était grande. Le roi dès 1753 envoya des femmes apprendre l’art des accouchements. Elles formèrent des sage-femmes, des médecins.

En 1789 on signale que 30 000 femmes accouchées meurent annuellement. Beaucoup de fausses-couches dues au surmenage, aux poids à soulever, aux secousses des tombereaux dans les ornières.

La naissance se passe à la maison. La mère travaille jusqu’au dernier moment. On faisait cuire une poule et la mère buvait du bouillon chaud. La mère se reposait peu (2 ou 3 jours). On langeait le bébé. Il était coiffé d’un bonnet et dormait dans un berceau qu’on balançait. On emportait le berceau dans les champs quand la mère y travaillait. On baptisait l’enfant le jour même ; on l’emportait à l’église par tous les temps.

Les filles mères étaient la crainte des parents car il y avait une bouche de plus à nourrir. On ne sonnait pas les cloches pour le baptême de l’enfant. On employait des chemins détournés pour aller à l’église.

On craignait les vers pour le bébé : un collier d’ail autour du coup, un emplâtre d’ail pilé sur l’estomac. Les dents : on suçait un bâton de guimauve, une croûte pain ; on frottait les gencives avec du miel. On le faisait téter  jusqu’à 15 ou 18 mois puis on lui donnait de la bouillie (farine blanche roussie avec un peu de beurre et éclaircie avec du lait), soupe de pain grillée au four et écrasé avec une bouteille.

 

Le mariage

Le mariage était souvent arrangé dès le berceau pour agrandir le domaine. La belle-mère redoutait de perdre son autorité et la belle-fille devait être une grosse travailleuse pour se faire respecter. Dès le lendemain, elle allait traire les vaches ; il n’y avait pas de voyage de noces.

On ne se mariait pas pendant les dates prohibées par l’église (dispenses). Peu en mai : croyance du moyen-âge. La publication des bans a été prescrite par le concile de Trente (1545-1563)

Le contrat de mariage était répandu au 18ème siècle puis passé devant notaire au 19ème siècle. Les filles préparaient leur trousseau brodé à leurs initiales. Elles tricotaient ou crochetaient des couvertures. Les remariages étaient nombreux. 65% des veufs se remariaient soit parce qu’il y avait de jeunes enfants, soit pour avoir une descendance.

 

La maladie- La mort

La sobriété, la vie au grand air donnaient une grande résistance à nos ancêtres. Mais il y avait les maladies, les grands froids, la sous-alimentation. Ils se soignaient comme ils pouvaient, se transmettant des recettes. Les médecins n’apparurent que sous Napoléon III. On utilisait les plantes pour se soigner.

On souffrait de     tuberculose : la grande maladie

          l’appendicite : la colique du miserere

          coups de froids

On luttait contre avec des infusions de bourrache, lierre, génépi, cataplasme de farine de lin et de fleurs de moutarde, ventouses, sangsues.

La peste semait l’épouvante

Le choléra en 1854

Les angines on buvait des infusions de feuilles de ronces

Les brûlures on appliquait des pétales de lys blanc conservés dans de l’huile ; de la confiture de groseilles

Les coups des pétales de lys ou d’arnica dans de l’eau de vie.

Les crevasses et les gerçures on appliquait du mille-pertuis trempé dans de l’huile d’olive

La coqueluche des cataplasmes de farine de lin sinapisés, on faisait boire aux enfants du lait d’ânesse ou de jument

Mal aux dents bien chauffer une feuille de chou et la mettre sur la joue avec un foulard, eau de vie sur la dent malade

Mal d’estomac infusion de feuille de cassis, de thym, de serpolet

Rougeole boire du jus de betteraves rouges, cuites pilées

Toux infusion de violettes

L’armoise pour la circulation féminine. On disait que la Joubarde écartait la maladie et protégeait de la foudre (Innimont). On cultivait « la rue officinale » dans la plupart des jardins. On s’en servait pour couper le lait, pour empêcher la fécondation ou provoquer la disparition d’une grossesse mal venue. On l’utilisait aussi contre les oxyures, les contusions, le mal blanc ; elle éloignait les vipères !

 

Les derniers sacrements

Ils étaient jugés très importants. Avant 1792 les curés notaient sur les registres paroissiaux si les défunts avaient pu les recevoir. Lorsque l’état du malade le permettait il se confessait et recevait l’absolution du prêtre. Celui ci venait à domicile en, surplis, avec un enfant de chœur qui agitait une clochette.

Quand le défunt était mort, on sonnait le glas, matin, midi et soir pour prévenir tous les hameaux. Les voisins aidaient à faire la toilette du défunt. Le menuisier du pays faisait la bière (cercueil). On veillait le mort en récitant des prières.

Il mourrait au 18ème siècle un enfant sur 2. La mort de ces petits était acceptée avec résignation naturellement.

 

 

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© Yannick VOYEAUD novembre 2000