CALENDRIER SAISONNIER DES DÉCÈS

 

En regardant le calendrier saisonnier des décès on remarque :

1)      En mai et juin la mortalité est minimum (75 décès).

2)      En septembre elle est maximum (120 décès).

3)      Elle est importante en février, août et octobre (>100 décès).

4)      Elle est relativement régulière les autres mois elle voisine 90.

 

En 100 ans il y a eu 1145 décès soit 11,45 décès par an ; nous avons actuellement de 1975 à 1985 5,5 décès annuels.

 

Ceci est le calendrier de tous les décès de la commune. Si on lui ajoute le calendrier des décès des enfants de 0 à 15 ans et celui des personnes âgées de plus de 60 ans on peut affiner le commentaire. Décès de 15 à 60 ans.

On remarque alors

1)      Que les enfants mourraient surtout en août et septembre (53 en août, 59 en septembre et encore 52 en octobre). C’était dû aux affections occasionnées par la chaleur (vomissements et surtout diarrhées). Ils mourraient aussi beaucoup en février. Ils succombaient certainement à des grippes, des congestions pulmonaires les maisons étant mal chauffées et peut-être les enfants insuffisamment habillés, mais surtout mal nourris.

2)      Que les personnes âgées de plus de 60 ans mourraient régulièrement tout au long de l’année. Le maximum est en décembre et janvier. Comme de nos jours elles craignaient le froid. Il y a, à nouveau un peu plus de décès en mars, avril. Le printemps, le changement de saison est néfaste pour les personnes ayant le cœur fatigué. Les chaleurs de juillet ne leur convenaient guère non plus. Les autres mois les décès sont en moyenne assez bien répartis (de 22 à 27).

 

Tout ceci explique bien le calendrier général :

Janvier décès de vieillards

Février enfants

Mars vieillards

Avril vieillards

Mai et juin peu d’enfants et de vieillards

Juillet vieillards

Août, septembre et octobre plus d’enfants (surtout septembre)

Novembre peu d’enfants et de vieillards

Décembre vieillards

 

3)      Pour les adultes de 15 à 60 ans on remarque que le maximum de décès a lieu pendant la saison des gros travaux .

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

26

30

38

27

31

 

 

    

Il y a certainement des accidents du travail avec les chevaux, les chargements ; ceci de la saison moissons, des vendanges, aux labours d’automne et aux chargements du bois.

Novembre

Décembre

Janvier

31

25

33

 

Les intempéries, le froid font aussi succomber les personnes adultes. Par contre au printemps il y a moins de décès.

 

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

23

23

23

19

18

 

Ceci était une étude moyenne de la mortalité. Mais si on étudie la courbe de la mortalité année par année on s’aperçoit qu’il y a des années de très forte mortalité. Il faut consulter les courbes de mortalité suivantes, décès des enfants, décès des personnes de plus de 60 ans pour s’apercevoir que ainsi : 1782, 1792, 1797, 1799, 1802, 1808, 1817, 1822, 1826, 1830, 1834, 1836, 1839, 1842, 1847, 1849, 1854, 1856, 1862, 1868, 1871.

 

En 1797 il y a eu 3 enfants morts dans la même famille GRENOUILLIER du 11 brumaire au 18 frimaire soit du 2 novembre au 9 décembre 1797 (3 petites filles 5, 2 ans et 5 mois) et 2 enfants chez Dutrievoz du 2 au 10 janvier 1798 2 garçons de 7 et 3 ans). Il s’agit certainement d’une épidémie.

En 1789 il y a 10 décès d’enfants sur 20 décès.

En 1792 il y a 13 décès d’enfants sur 17 décès.

En 1815 il y a 10 décès du 15 août au 15 octobre dont 8 enfants.

En 1808 il y a eu 17 morts d’enfants sur 24 décès (2 en février, 5 en avril, 6 en mai). Il s’agit sûrement d’une épidémie mais laquelle ?

En 1820 on sait qu’en France il y a eut une épidémie de typhoïde et de fièvre biliaire. A Saint-Prim nous avons plus de décès dès 1814-1817-1820

En 1826 à nouveau la typhoïde 5 enfants, 3 vieillards et 8 adultes. Ce sont les adultes qui ont le plus succombés.

En 1834 le choléra morbus et la scarlatine, 5 enfants, 2 vieillards et 4 adultes.

 

Après je n’ai pas d’autres renseignements nationaux.

En 1838-1839 il y a une épidémie sur 2 années. Nous constatons que les personnes âgées meurent la 1ère année (9viellards et 1 enfant) et les enfants la 2ème année (6 vieillards et 10 enfants).

En 1849 et 1854 nous avons encore 2 années de forte mortalité. En 1849 c’est une mortalité d’enfants (14 enfants et 7 vieillards). En 1854 c’est une mortalité de vieillards (9 vieillards et 7 enfants).

En 1856 9 vieillards et 7 enfants.

 

Je ne connais pas pour l’instant les causes de ce taux important de mortalité après 1834. Était ce les hivers rudes, les épidémies ? Après 1830 il y a moins de famine. La culture et surtout la consommation des pommes de terre réduisait les famines. C’était un légume bon marché et nourrissant.

 

En regardant les courbes de mortalité par âge on note :

1)      les années de forte mortalité avec le maximum en 1808, 1849, 1854, 1856 et 1871

2)      qu’il y avait certainement des années d’épidémies infantiles et des années d’épidémies de vieillards.

3)      Que si les hivers étaient rigoureux les vieillards mourraient plus.

4)      Qu’après 1858 la mortalité infantile baisse beaucoup. On connaît alors la pasteurisation et on peut stériliser les biberons ; on mange des pommes de terres, on ne souffre plus autant de la famine. Les femmes moins sous-alimentées ont des bébés plus résistants. Les bébés vivants mieux, on a moins d’enfants et ils sont plus forts.

5)      Par contre dès 1840, la mortalité des gens de plus de 60 ans augmente considérablement. Cela veut dire que les conditions de vie s’améliorant, il y a plus de gens qui arrivent à cet âge. La population des adultes augmente et il y a plus de personnes entre 60 et 80 ans. C’est très net, à Saint-Prim, elle a pratiquement doublé.

6)      Dans l’ensemble de la France il mourrait plus de vieillards en avril et plus d’enfants en septembre. A Saint-Prim, c’est vrai pour les enfants qui meurent plus en septembre ; mais ce n’est pas exact pour les personnes de plus de 60 ans. Regardons le tableau.

 

De 0 à 1 an

1 à 4 ans

5 à 9 ans

10 à 19 ans

20 à 60 ans

Plus de 60 ans

Avril

14

11

9

5

25

29

Septembre

26

27

6

5

28

23

 

En avril il meurt 34 enfants de moins de 10 ans et 29 plus de 60 ans.

En septembre il meurt 59 enfants de moins de 10 ans et 23 plus de 60 ans.

 

En 100 ans

1)      Jusqu’à 15 ans sont morts 257 garçons et 242 filles

De 15 à 60 ans sont morts 153 hommes et 164 femmes

Au-dessus de 60 ans sont morts 177 hommes et 233 femmes

2)      Jusqu’à 15 ans il est mort plus de garçons que de filles mais il en était né 64 de plus

Il est mort 24 femmes de moins que d’hommes et ils étaient plus nombreux. C’est donc que plus d’hommes ont quitté le pays que de femmes (au moins 40)

3)      Les décès d’enfants baissent d’un tiers après 1790. Ils baissent à nouveau après 1850. En 1880 ils ont diminué de moitié depuis 1780 (de 87 à 35).

Les décès d’adultes sont assez stables avec un maximum de 1800 à 1810 (44) et un minimum de 1830 à 1840 (24).

Les décès de personnes de plus de 60 ans augmentent régulièrement depuis 1830. La longévité de la vie à augmenté. En 1880 les décès de personnes de plus de 60 ans a plus que doublé depuis 1780 (22 à 49).


 

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© Yannick VOYEAUD novembre 2000