LA GUERRE  de 1870

 

5 septembre 1870

Rétraction du serment du conseil municipal

 

6 octobre 1870

Le sous-préfet demande de voter d’urgence pour la défense nationale la plus forte somme disponible au budget de 1870. Il faut faire un emprunt si c’est nécessaire. Les fonds seront nécessaires pour l’habillement, l’armement et l’équipement des gardes nationaux mobilisés.

On prélève           119,20 francs sur         l’entretien des chemins

                              10,00                        l’entretien des archives

                              25,00                        les dépenses imprévues

                              10,10                        les excédents de la recette

                            ==========

                            164,30 francs

 

11 novembre 1870

La commune doit 1606,00 francs pour équiper la garde nationale mobilisée dans le département.

 

14 décembre 1870

Il faut aider, procurer de l’ouvrage aux personnes nécessiteuses de la commune. Celle-ci dispose de 461,60 francs. Il y a à Saint-Prim 18 personnes sans travail. Le meilleur emploi à faire de ces ressources serait de les employer à la réparation des principaux chemins vicinaux. Le conseil municipal fixe le prix de la journée à 1,75 francs jusqu’au 1er février et à 2 francs à partir de cette époque.

 

14 mai 1871

On a fait des élections municipales. On vote par bulletin secret la nomination du maire et de l’adjoint.

 

10 octobre 1871

Impôts sur les chiens         1,50 francs pour les chiens de garde

                                        6,00 francs                              chasse.

Les évènements exceptionnels survenus malheureusement en France depuis cette époque, la délibération était restée sans réponse et les ressources sans emploi. Maintenant que le zèle infatigable de l’administration supérieure contribue chaque jour à la réorganisation du pays et au soulagement des classes pauvres, il est certain que la demande du conseil ne resterait pas dans l’oubli… La commune peut disposer actuellement d’une somme de 693 francs. Cette somme pourrait être employée à procurer à l’entrée de l’hiver, de l’ouvrage aux ouvriers âgés et indigents de la commune, actuellement sans travail.

 

1 décembre 1872

Par suite des pluies torrentielles, les chemins se trouvent dans un état déplorable. Il y a urgence de nommer un cantonnier. On nomme COTTONNET Antoine, âgé de 35 ans.

 

10 mai 1873

Mr HOUDAILLE veut acheter pour sa famille une concession au cimetière.

 

18 mai 1873

Les héritiers de Mr Isaïe David de BOISSIEUX veulent changer les conditions de l’alimentation en eau de la fontaine du village.

 

29 mars 1874

Le Phylloxéra

« Si au moyen de l’inondation on pouvait arriver à détruire le phylloxéra et à préserver ainsi les vignes qui ne sont pas atteintes par ce terrible fléaux. »

 

7 juin 1874

Des moutons, chèvres et autres bestiaux occasionnent des dégâts le long de plusieurs chemins vicinaux.

 

26 juillet 1874

Cours d’adultes

Des jeunes gens de la commune demandent la création d’un cours d’adultes pour parfaire leur instruction. Il aurait lieu du 1er décembre au 1er mars.

 

7 février 1874

Bureau de tabac

Plusieurs habitants réclament la création d’un bureau de tabac.

 

9 mai 1875

Mr GIRARDON, curé, demande l’autorisation de faire construire au cimetière, une chapelle pour les prêtres décédés. Si la commune donne le terrain, il paie la chapelle.

 

11 juillet 1875

Monsieur le sous-préfet demande une souscription en faveurs des malheureuses victimes des inondations dans le midi.

 

26 novembre 1876

Le conseil de Fabrique de la commune est dans l’impossibilité de subvenir au traitement du marguillier. Il demande au conseil municipal de pourvoir à cette dépenses. La conseil paie 90 francs.

 

5 novembre 1877

L’instituteur demande l’autorisation d’ouvrir un pensionnat primaire. Le conseil l’autorise à recevoir une huitaine de pensionnaires.

 

20 octobre 1878

Il faut réparer l’école. Le devis s’élève à 4567 francs.

Le conseil considérant que les ressources des habitants de cette commune diminuent rapidement à cause du fléau dévastateur qui a déjà fait périr la plus grande partie des vignobles qui sont pour ainsi dire la seule ressource de la plupart des propriétaires.

Considérant que dans de telles circonstances, il n’est pas convenable de faire augmenter les impôts des habitants qui se trouvent déjà pour la plupart dans l’impossibilité de faire face à leurs affaires parce que les récoltes vinicoles ne leur fournissent plus les sommes d’argent qu’ils en retiraient et que les autres récoltes suffisent à peine à leurs besoins.

Le conseil demande que la commune soit autorisée à emprunter à la caisse des écoles, un emprunt de 1595,20 francs.

 

8 juin 1879

Les habitants de cette commune perdent dans leurs vignobles aujourd’hui presque entièrement détruits par le fléau, leurs seules et uniques ressources et qu’il ne leur reste que les autres récoltes dont le produit est loin de pouvoir suffire à leurs besoins quotidiens.

 

16 novembre 1879

Charles MANIN a fait construire un mur de 1,15 mètres sur une longueur de 50m le long de sa propriété. Il a cédé 1m de terrain pour l’élargissement du chemin du CHANET. On lui alloue à titre d’indemnité 297 francs

 

21 décembre 1879

Aide aux indigents

Par suite de la destruction des vignes de la commune de Saint-Prim par le phylloxéra presque tous les habitants ont déjà grand peine de s’acquitter de toutes leurs charges communales, la commune étant imposée au maximum de centimes additionnels par suite de la reconstruction du clocher de l’église et de la maison d’école, déclare qu’il n’y a pas lieu de songer à se procurer actuellement de nouvelles ressources pour secourir les indigents au moyen d’une imposition extraordinaire mais qu’il est de toute nécessité de tenir compte des observations charitables de Mr le sous-préfet, en prenant immédiatement toutes les mesures nécessaires à secourir les 2 catégories d’indigents capables ou incapables de travailler.

Pour ces derniers, le bureau de bienfaisance distribuera le plus tôt possible toutes les ressources disponibles à son budget (140 francs).

Pour les premiers, dès que la rigueur de la température cessera, Mr le maire est autorisé à faire ouvrir en leur faveur un atelier pour exécution de travaux vicinaux et d’y consacrer 200 francs.

Le conseil émet l’espoir que les indigents de la commune de Saint-Prim ne seront pas oubliés dans la répartition des 5 millions de la libéralité nationale.

 

 

Guerre de 1870

 

Pendant la guerre de 1870 il y a deux soldats tués à Saint-Prim puis 3 autres de 1877 à 1880 :

PETREQUIN Baptiste mort à 24 ans, le 21 juin 1870. Il est mort à Saint-Prim en congé de convalescence..

CLAMARON Antoine mort à 25 ans le 23 juillet 1871 et l’acte n’a été reçu en mairie que le 10 mai 1873. Il était « soldat du 80ème régiment de marche, porté le 30 juin 1871 de l’ambulance d’Alt Dann à l’ambulance de Fort Léopold de Settin où il est mort le 23 juillet 1871. Il était prisonnier de guerre.

CROIZAT Pierre mort à 24 ans le 20 octobre 1877. Il était militaire au 20ème escadron du train des équipages.

DAGNY Joseph Antoine mort à 22 ans le 16 août 1880 à l’hôpital St-Mandrier. Il était soldat au 61ème de ligne, matricule N° 1085.

JON Jean mort le 5 juillet 1874 à Saïgon. Il était canonnier.

 


Après 1870

 

1)   C’est la déception après la défaite de Sedan. Nous ne savons pas si Saint-Prim a été occupé par les Prussiens. Il faut armer la garde nationale et la commune n’a pas d’argent.

2)   L’agriculture souffre :

Il y a eu une mauvaise récolte en 1870 et le phylloxéra arrive. De 1872 à 1879, les vignes sont pratiquement détruites et c’est la ruine. Les cultivateurs ruinés s’en vont. « Les maisons se vident. » De 520 habitants en 1851, la population descend à 378 habitants.

3)   Les jeunes qui restaient encore quittent le village en grand nombre.

4)   En 1881 : le conseil municipal réduit le prix de ferme des lots communaux, parce que le phylloxéra a détruit les vignes.

Il y a cependant en France de grandes inventions qui naissent à cette époque :

1875 La moissonneuse-lieuse

1876 Le téléphone

1879 La lampe électrique à filament

1880 Le phonographe Édison

 

Nous allons laisser nos ancêtres dans une bien triste situation. Et comme je trouvais très triste de terminer sur cette situation agricole catastrophique en 1880, j’ai feuilleté encore quelques pages du registre des délibérations.

 

Et j’ai trouvé quelque chose qui m’a donné un peu d’espoir :

25 septembre 1884

« Un grand nombre d’habitants de la commune demandent à être autorisés à cultiver le tabac dès 1885. »

et un an après

 

31 mai 1885

« La culture du tabac s’est développée en très peu de temps dans la commune.  Le nombre de planteurs augmentera encore à cause de la grande étendue du canton dont le sol est des plus favorables à cette culture…

Considérant que la livraison du tabac, en se faisant à Beaurepaire, oblige les agriculteurs à faire un long et dispendieux voyage, très pénible à cause des intempéries habituelles à cette saison et du mauvais état des routes, émet le vœu de l’établissement d’un magasin de réception du tabac dans le canton de Roussillon. »

 

Les gens de Saint-Prim ont su trouver d’autres cultures pour remplacer la vigne détruite.


 

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© Yannick VOYEAUD novembre 2000