Le Chroniqueur.

	Chavatte est assurément un esprit très ouvert, très curieux, s'intéressant à tout,
surtout aux évènements lillois, mais il s'attache à de si petits faits, à des incidents si
insignifiants, qu'on ne peut s'empécher de voir en lui le type accompli du badaud que tout
occupe, distrait et amuse.
	Est-il à son travail, qu'il aime assurément comme tout bon ouvrier, que tout en
activant son métier, il a l'oreille au guet, attentif à tous les bruits du dehors, pour
satisfaire sa curiosité, si quelque chose annonce un incident dans la rue, le voisinage,
ou même plus loin; notamment si la cloche appelle le public à une exécution judiciaire.
Chavatte part alors devisant avec ses voisins, puis sa curiosité satisfaite, revient reprendre
sa place à son métier et continuer le tissu commencé. Comme il travaille à la tâche le patron
ne souffre pas de cette interruption.
	Le matin, le midi, le soir, aux heures de repos, il se joint à ses camarades du
voisinage pour commenter la nouvelle, l'incident du jour. Il s'en informe avec d'autant plus
de soin qu'il a son journal, où il mentionne tout ce qui l'a intéressé ne fut-ce qu'un moment;
quand il n'a pu vérifier lui-même le fait qu'il raconte, il le signale: "je l'ai ouï dire,
écrit-il, par plusieurs qui venaient de la procession de Douai de juin 1665, et aussi parle
messager qui me l'a affirmé lui-même". On est ainsi assuré de l'exactitude de son récit, et
d'ailleurs les diverses vérifications tentées sur des pièces authentiques, sont venues confirmer
son témoignage.
	Comme tout l'intéresse, nous trouvons dans ses mémoires les renseignements les plus
divers, la mention des faits les plus graves, à côté des plus insignifiants. Si bien qu'on
ne peut écrire de Lille dans la seconde moitié du XVIIe sîècle, sans le consulter.
	Ainsi nous trouvons dans son manuscrit tous les accidents, les attentats contre les
personnes, les vols, les incendies, les travaux publics de voirie, de fortification, les
constructions d'édifices municipaux civils ou religieux, les orages, les rigueurs de la saison,
les comètes, les passages à Lille des grands personnages, les mouvements de troupes, les convois
de galériens, les curiosités offertes au public: nains, géants, monstres à deux têtes, à huit
pattes, etc., etc., il va jusqu'à mentionner qu'on a fait une chanson sur une fille qui,
la veille des Rois, avait mis une couronne de papier sur la tête de son chat, et lui donnait
à boire en criant: "Le Roi boit". Le chat fut, ajoute-il, noyé dans la rivière des Jésuites.
	Chavatte note aussi qu'un loustic nommé Arnould, s'était vanté d'avoir un chat superbe
qu'il lâcherait le dimanche gras, 28 fév. 1672, dans la plaine du faubourg des malades, pour
qu'on lui donne la chasse. Beaucoup de Lillois prirent l'annonce au sérieux et vinrent avec
leurs chiens, heureux de jouir du plaisir de cette chasse inusitée. Alors Arnould lacha dans
la plaine un chat en papier qui fut vite emporté par le vent, laissant les chasseurs confus
et ébahis. Et Chavatte conclut: "Ne voila-t-il pas une chose pour rire et pour chanter et
peu de jours après fut fait, une chanson, avec ledit chat en portrait imprimé".
	En 1687, la procession annuelle ne suivit pas le parcours accoutumé; un Lillois pour
manifester son regret de ne plus la voir passer devant sa maison, la tendit de noir et on fit
à cette occasion une chanson dont voici le premier couplet:
				Mon Dieu quelle affliction
				Hélas ma peine est grande!
				Je suis sans consolation.
				Si quelqu'un me demande
				Pourquoi j'ai la larme à l'oeil
				Et ma maison tout en deuil,
				Je lui dirai sans finesse
				Le sujet de ma tristesse.

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	En parcourant notre manuscrit, on aurait tort de ne pas lire malgré leur monotonie,
toutes les mentions des évènements si peu importants soient-ils, qu'on rencontre nombreuses à
toutes les pages, car s'ils ont perdu tout intérêt, ils nous fournissent par la précision du
récit, de précieux renseignements sur la topographie de la ville. Nous savons ainsi
l'emplacement d'une foule de maisons d'enseignes, d'hôtelleries. A titre d'exemple, je remarque
que la maison de la rue St-Sauvenr, qui faisait le coin de la rue des Robleds, portait
l'enseigne du Noir Lion. Un bourgeois, Pierre Chnffart demeurait dans la même rue, au coin de
la cour Jeannette à vaques, -la brasserie des fleurs, rue des Malades, s'élevait en face
Gantois.- Le grand hôtel où la ville logeait les ambassadeurs du Siam, et les autres grands
personnages, était le Lion d'or, place St-Martin, une célébrité disparue.
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	Parfois à son récit, notre auteur ajoute quelque réflexion absolument inattendue qui
permet de jeter un coup d'oeil sur ses propres pensées. Ainsi, annonçant que le 16 oct. 1686
était né un enfant monstre ayant deux têtes, 4 jambes, 4 bras, il écrit: "je crains que ce soit
le messager de malheur sur des provinces ou pays, car les Romains des antiquités quand ils
voyaient des monstres venir au monde, ils les jettaient dans le Tibre parce qu'ils disaient
qu'ils amenaient des malheurs. Je crains qu'il n'en soit de même dans notre pays bas. Sur
ce monstre on a fait de belles propliéties".
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	Certains de ces petits faits ont un intérêt de curiosité historique. Ainsi Chavatte
nous apprend qu'en avril 1672, on cria dans la ville des gazettes de la guerre de Hollande
et d'Angleterre, mais que cela ne dura guère. Précédemment on en avait vendu annonçant la paix
de Wesphalie (21 mai 1666). Ce fut alors probablement la première vente de journaux dans notre
ville.
	Un autre détail. Dans la seconde moitié du rêgne de Louis XIV, vers 1679, les dames
adoptèrent la fontange, coiffure qui consista d'abord dans un noeud de ruban, mais qui,
se modifiant, devint, nous dit Quicherat: "un bonnet garni d'une haute passe, façonnée en
rayons qui dardaient le ciel". Nous avons tous souvenir d'avoir vu cette étrange coiffure dans
les gravures du temps. Elle excita par son excentricité la verve des critiques et
"au commencement d'août 1685, on mettait à Lille, des lisetons sur la tête des bêtes et
chiens pour se moquer des demoiselles et leur faire quitter les piaffetées qu'elles faisaient.
On disait que c'était demandé par l'archevêque de Cambrai". Voilà un petit détail qui mérite
de ne pas tomber complêtement dans l'oubli, et qui ne nous a été conservé que par ce chroniqueur.
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	Pendant le rêgne de Louis XIV, pour remplir le trésor toujours vide, on créa moyennant
finances un grand nombre de charges conférant la noblesse. Mais ces annoblissements ne furent
pas toujours bien accueillis. Ainsi en juillet 1676, à St-Sauveur, on avait choisi pour parrrain
d'une cloche appelée Jesus, un certain Blondel qualifié sur l'inscription "noble homme et
vertueux". On y avait mème mis ses armes. Le Magistrat averti fit comparaître en Halle les
marguilliers, et leur enjoignit de faire dîsparaitre la qualification noble homme et les armes,
parce que Blondel n'était noble que par achat. Dois-je ajouter qu'il ne fut pas parrain.

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	On trouve dans notre manuscrit d'autres renseignements plus importants, par exemple
le récit de l'affreux accident du 25 mars 1676. De jeunes soldats, de passage à Lille, furent
logés au quartier de I'Abbiette, le feu prit dans la chambrée, à la paille leur servant de lit.
Comme ils étaient enfermés à clé, ils ne purent sortir et furent tous brûlés, "rôtis comme
des porcs". On devine l'émotion publique à cette nouvelle, et avec quelle profonde pitié la
population assista aux obsèques de ces malheureux.
	Voici encore quelques mentions qui intéressent l'histoire locale.
	En avril 1665, on commença à travailler à l'horloge de vingt-quatre heures de la
nouvelle maison de ville, et Chavatte, rempli d'admiration, nous la signale comme la chose
la plus remarquable et la plus curieuse de la ville, notamment parce quelle indiquait
les phases de la lune.
	En mars 1687, démolition des maisons du Beau Regard, pour édifier celles que nous
voyons encore aujourd'hui.
	L'année suivante, on inaugure les ventes aux enchêres dans la grande chambre de
la maison de ville, le droit était de deux liards par livre.
	La cloche sonna pour la première fois la retraite dea bourgeois et la fermeture des
cabarets le 19juillet 1692.
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	Chavatte ne pouvait manquer de mentionner la peste qui désola la région en 1667 et 1668.
Il nous montre le Magistrat cherchant à mettre Lille à l'abri de la contagion, et établissant
une sorte de cordon sanitaire qu'on ne pouvait franchir sans un certificat de santé. En même
temps, il supprime la foire, et fait détruire les animaux susçeptibles de propager la contagion,
les chiens, les chats, les poules, les colombes, etc.
	Ces précautions protégèrent la ville pendant un certain temps, mais le fléau finit
par y pénétrer en octobre 1667, les premiers cas se manifestèrent en la rue St-François.
On prit alors des mesures sanitaires plus énergiques. On défendit les réunions, on ferma
les écoles, on diminua le nombre des offices religieux.
	Tant qu'aux personnes soupçonnées d'être atteintes par la contagion, on leur imposa
sous menace de grave punition, de rester enfermées dans leurs demeures, où on leur apportait
la nourriture et les autres choses nécessaires à la vie.
	On avait même fait élever un hourd spécial pour l'exécution des condamnations prononcées
à ce sujet. Chavatte s'apitoye sur le sort de ces malheureux aux arrêts de rigueur dans leur
domicile. Plus tard on construisit des logettes au rieu de Canteleu. Tous les malades devaient
s'y rendre, les riches comme les pauvres indistinctement. Cette mesure nécessaire donna lieu
à des protestations. Le 13novembre 1668, jour de la publication de l'arrêté, une altercation
eut lieu sur le marché entre le Maréchal d'Humières, gouverneur de Lille et un Monsieur du Ploui,
qui refusait d'envoyer sa femme malade à Canteleu. On n'insista pas, et Mme du Ploui resta chez
elle. Pendant tout le temps de l'épidémie on fit des prières, des processions.

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	En 1682, la fièvre aphteuse désola la région, et notre auteur nous dit les mesures
d'isolement prises, et les soins de propretê prescrits. Il indique même les soins à donner.
Pour enlever les pustules de la langue des animaux, se servir d'une patine d'argent fixée à
une fige de fer, gratter la langue jusqu'au sang et essuyer avec un linge blanc qu'on brûlera.
Ne pas se servir du même linge pour une seconde bête; de même soigneusement nettoyer la patine
d'argent dans du vinaigre, après chaque usage.
	La personne qui donne les soins, doit également se laver les mains aprês le pansement
de chaque bête.
	Comme remède frotter la langue de l'animal avec un mélange de poudre à canon, de soufre
et de sel. On peut aussi employer le persil de Macédoine. Jeter le laît des bêtes malades.
	Comment ne pas être frappé de la coincidence entre les procédés empiriques du XVIIe
siècle, et les méthodes actuelles prescrites par une science qui semble avoir atteint le plus
haut degré de certitude.
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	Au nombre des évênements qui intéressent le plus Chavatte, il faut placer les
exécutions criminelles. Aussitôt que, la cloche du beffroi en annonçait une, il quittait son
métier et se rendait sur la grand place devant la maison de ville. On sait combien l'annonce
d'une exécution capitale, seule peine subie publiquement de nos jours, surexite encore la
curiosité de la foule, et avec quel empressement elle y court!
	Alors les exécutions publiques étaient fréquentes. Parfois elles consistaient dans
une simple exposîtion sur un hourd ou sur le cheval de bois; d'autrefois elles comportaient
un châtiment corporel. Ainsi le condamné était battu de verges: selon la gravité de sa faute,
il y avait le grand et le petit tour; souvent on luî imposait des mutilations atroces, tantôt
comme peine unique, tantôt comme peine accessoire avant de lui donner la mort, ou même de
l'envoyer aux galères. On coupait ainsi le nez, les oreilles, le poignet. La mort était souvent
encore précédée d'autres tortures: langue arrachée ou percée avec un fer rouge; ou bien le
supplice était administré avec une féroce lenteur: ainsi dura deux heures, le supplice d'une
femme condamnée à être rompue jusqu'à ce que mort s'en suive! Certains criminel condamnés à
être brûlés, étaient attachés à quelque distance du foyer pour que son action ne se produise
que lentement.
	Submergés par le flot d'indulgence, peut-être excessive, qui caractérise notre société
contemporaine, nous avons quelque peine à crorire la possibilité de ces atroces châtiments,
mais Chavatte n'est pas le seul témoin, et force est bien de se rendre à l'évidence. Du reste
il ne s'indigne pas même contre les tortures inutiles. Il sait avec l'intérêt du badeau,
je dirais volontiers du dilettante, toutes les phases de l'exécution. Ainsi il note avec soin
qu'un voleur fit, avant son exécution "une be11e exhortation en latin". Il signale que cinq
condamnés à être pendus jouèrent aux dés sur l'échafand le tour de leur exécution. Un jour,
la corde se cassa deux fois sous le poids de l'homme qu'on ramena à l'hospice; le lendemain
on recommença l'exécution avec un nouveau bourreau, et la foule se disputa les morceaux de
la corde comme des reliques! Parfois Chavatte rend hommage au courage, à la dignité du condamné,
par ces mots: "il mourut bien constamment".
	Le peuple acceptait ces condamnations. Voici toutefois une protestation: le 29 avril
1673, une jeune fille de 17 à 18 ans fut battue de verges pour avoir volé quatre mouchoirs.
La peine sembla hors de toute proportion avec le larcin, on cria vengeance contre la Veuve Roman,
sa maîtresse qui l'avait dénoncée et livrée à la justice. Le soir, on cassa les carreaux de
sa demeure.
	Une autre fois, des soldats en armes, pour délivrer leur camarade, attaquent les
exécuteurs et les mettent en fuite.
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	Cette atrocité des peines dura jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Il fallut, pour y mettre
un terme, les efforts des philosophes et surbout de Bentham et de Beccaria. Chose étrange à
un siècle de distance, voilà les penseurs, les philosophes contemporains, tous ceux qui se
préoccupent de la théorie du droit de punir, qui protestent aujourd'hui contre la faiblesse de
la répression actuelle et réclament des peines plus sévères. Au Congrès international de Paris,
en 1895, on put voir les magistrats mis en minorité par les théoriciens de l'assemblée, qui
estimaient que, sans tenir compte des circonstances de l'infraction, il fallait refuser par
principe toute atténuation aux récidivistes!
	Et depuis, cette tendance des penseurs n'a fait que s'accentuer. Les questions soumises
aux divers congrès de droit pénal suffisent à la démontrer. Certains criminalistes, et des plus
autorisés, ne vont-ils pas jusqu'à réclamer au nom de la défense sociale, l'incarcération
préventive des gens dangereux, alors même qu'aucun fait positif ne peut leur être imputé!
	On réclame également le rétablissement des châtiments corporels tels que le fouet.
Il semble que cette peine ait aidé à préserver Londres de cette armée d'apaches qui d~éole
Paris. Déjà des lois récentes ont réédicté cette peine à l'étranger, et les journaux nous
disaient naguère que le gouvernement demanderait aux Chambres une loi semblable. Il est de
toute évidence que la répression aujourd'hui est insuffisante, et que des mesures
exceptionnelles doivent être prises pour tenter d'endiguer le flot de la criminalité qui ne
cesse de monter, et de menacer notre société.
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	Incontestablement le droit pénal a fait des progrès depuis le XVIIe siècle; toutefois
on ne peut s'empêcher de regretter plus grande exemplarité des peines prononcées et exécutéés
peu de temps après le crime, lorsque la preuve est certaine, notamment en cas d'aveu et de
flagrant délit. Tel assassin a été exécuté, atteste Chavatte, dans les trois jours du crime.
	Aujourd'hui, il n'en est plus ainsi. Notre instruction très solennelle donne sans doute
à l'accusé toute garantie, mais elle exagère les lenteurs. En outre, les sessions d'assises ne
se tiennent que tous les trois mois.
	Pourtant en 1867, on tenta une abréviation des délais en matière correctionnelle et
on organisa la procédure des flagrants délits. En matière criminelle on n'a rien fait.
La pratique des Juges d'instruction de rechercher toute la vie de l'accusé permet parfois de
faire juger avec un crime principal, une autre infraction plus ou moins grave. La répression
est théoriquement plus complète, mais le long espace de temps, écoulé depuis le crime, diminue
l'exemplarité du châtiment.
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	Une cruauté qui, suivant toute apparence, ne reviendra pas c'est la torture employée
comme moyen d'arracher un aveu à un inculpé. Elle ne se donnait pas en pubiic, mais chaque jour
on y avait recours. Une femme, soupçonnée d'avoir empoisonné son mari, fut tellement "gehennée"
qu'au moment où, faute de preuves, le juge la relâcha, elle était encore si malade des tourments
subis, qu'on dut la faire admettre à l'hôpital du St~Esprit jusqu'à sa complète guérison!
	Ailleurs Chavatte signale l'exécution d'un condamné qui avait les doigis brûlés par
les mèches enflammées qu'on lui avait mises dans la main pendant l'instruction de son prooès!
	Quelle confiance, les juges pouvaient-ils avoir dans des aveux arrachés par d'aussi
cruelles tortures?
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	Ce n'est pas sans étonnement que nous voyons les procès faits aux cadavres, notamment
aux cadavres des suicidés. Le suicide était alors un crime puni comme tout autre homicide.
Chavatte nous raconte plusieurs de ces exécutions, notamment celle d'un jeunc homme de la rue
St-Denis, dite des Étaques, nommé Mathîeu Desfontaines, qui se pendit 1e 29 septembre 1692.
Le lendemain aprés-midi, le greffier vint à l'huis de sa maison lire sa "calinge", comme à un
criminel, et puis après l'officier le jeta du haut en bas de l'escalier, le fit passer sous
le seuil de la maison par un trou, on le traîna sur une claie la face contre terre, comme une
bête qu'on mène à la voirie. On le pendît la téte en bas à une fourche à la porte des malades.
	Parfois le cadavre était porté sur une brouette à la prison, où on instruisait son
procês, et où on prononçait la sentence. Puis on le ramenait à sa demeure pour l'exécution,
et delà au gibet où il devait rester quelque temps. Des amis ayant la nuit dérobé un de ces
cadavres pour lui donner la sépulture, l'autorité le fit rependre. Deux jours après on l'enleva
de nouveau et on n'en entendit plus parler. 
	Le même châtiment était infligé aux cadavres des duellistes. Chose plus surprenante
encore, on faisait des procès à des cadavres d'animaux: un chevnl tué depuis quinze jours, et
dont la peau avait été vendue fut déterré, et on brûla son corps ainsi que sa peau le
3 septembre 1682!



©Yannick VOYEAUD mai 2002
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